Témoignages Hypnonaissance

Carine, Hugo et Charlie

Je prends enfin le temps de vous raconter la naissance de Charlie, elle a aujourd’hui 7 semaines, elle est parfaite évidement et on s’adapte petit à petit à petit à la vie à quatre. Tout d’abord un grand merci pour votre accompagnement et votre préparation, il m ‘aurait été impossible d’accomplir mon projet sans vous . Charlie a choisi de nous rejoindre le 2 mai en fin de journée, jour des 40 ans de son père, je n ‘ai donc pas été déclenchée malgré mes craintes et c ‘était déjà une petite victoire. J’ai commencé à avoir des contractions en fin de journée, assez espacées, je suis donc allée marcher pendant une heure, les contractions continuaient, j’ai décidé de prendre un bain pour me relaxer avant d’aller me coucher vers minuit .

Je n ‘ai pas réussi à dormir évidemment, je me suis mise à écouter la musique, les contractions m’obligeaient à aller aux toilettes. Vers 2h du matin j ‘ai réveillé Hugo, je sentais qu’ être dans le noir, seule avec la musique commençait à m ‘angoisser. Nous nous sommes donc installés dans la chambre d’amis avec les scripts, le ballon, les toilettes à proximité et la baignoire . Je suis restée dans le bain jusqu’à 5h du matin, heure à laquelle mes parents sont arrivés pour gérer Marius à son réveil.. je suis restée dans le bain le plus longtemps possible, pour profiter de ses bienfaits.. A ce stade les sensations étaient tout à fait gérables, aucune douleur , même pas d’inconfort. Je redoutais le départ en voiture pour la clinique, mais tout s’est bien passé., j ‘avais mon casque, Hugo me disait des mots doux ou tentait des blagues.

Nous sommes arrivés aux urgences en même temps que deux autres femmes, on nous avait proposé de monter pendant que les hommes faisaient l’administratif mais j ‘ai refusé, je voulais rester proche d’Hugo. Au moment du triage, beaucoup de joie : je suis à 5 cm. la sage femme qui s’occupe de nous est jeune mais dynamique, elle me prend la main, me dit que ça va aller vite maintenant, qu’il me faut percer la poche ds eaux et voilà .

Elle propose de me couler un bain pendant le monitoring. Je m’installe dans le bain et je me mets en tête de percer la poche des eaux, donc à peine installée je tente de me mettre à 4 pattes, c’est ça qui m’avait fait rompre la poche pour Marius, je n’ai pas le temps de me retourner complètement que la poche se rompt. A partir de là on va enchaîner les petites erreurs qui vont me faire perdre ma détente et mon relâchement. Naïvement je demande à Hugo de prévenir la sage femme, sans penser qu’elle va me demander de sortir de l’eau, or elle me dit qu’il faut quitter le bain pour un nouveau monitoring. Je n’y pense pas mais le monitoring peut être fait dans le bain…Lorsque je demande si je pourrai retourner dans le bain aprés le monitoring, la réponse est vague. Je suis à 7cm mais dans ma tête je commence à me dire que j’ai peut-être perdu mon anesthésiant, le bain, et je me souviens que l’on dit que les contractions sont plus intenses/douloureuses une fois la poche des eaux percée. Du coup je commence à vaciller, j’ai le sentiment de ne plus avoir de répit entre les contractions, je me retrouve allongée sur la table dans une position qui ne me convient pas du tout et je perds pieds. Hugo est là, il me parle du ballon qui se gonfle à chaque contraction, me rappelle les couleurs de la relaxation que j’ai tant de fois faite mais j’ai vraiment du mal à rester détendue et je sens que je me contracte. Détail mais dans ces moments là, tout a son importance : l’équipe de jour prend le relai et la sage femme, bien que très gentille, est beaucoup plus douce, en retrait, elle semble presque impressionnée par ce à quoi elle assiste. Le temps me paraît très long, je commence à évoquer la péridurale, elle m’explique qu’il y a une césarienne d’urgence puis une autre femme puis moi si je la souhaite finalement. Au bout de 30′ elle m’examine et je suis à 8cm, je décide de prendre la péridurale et je comprends que ça va être encore long puisque la césarienne est encore en cours. On se déplace dans une salle de naissance classique, j’espère secrètement que marcher jusqu’à la salle va me mener à dilatation complète. On s’enlace avec Hugo, il me soutient, me parle à l’oreille, m’embrasse et ça me fait du bien. J’ai ensuite attendu encore très longtemps pour avoir la péridurale qui n’a pas fonctionné tout de suite. Lorsque je rappelle l’anesthésiste pour qu’il intervienne à nouveau, j’ai envie de pousser, je le dis à la sage femme qui m’annonce que je suis à dilation complète. Mais comme pour Marius, Charlie était encore bien haut dans le bassin, il faut attendre encore avant de pousser. Cette fois, la péridurale fait effet et nous patientons deux heures de plus avant que je puisse accueillir notre enfant. La péridurale est très bien dosée donc je sens tout et je peux aider Charlie à sortir facilement et rapidement. Elle pèse 4,250kg, bien plus qu’annoncé. 

Je suis heureuse de cette naissance, a posteriori je me dis que je ne me pensais pas capable d’aller aussi loin dans le projet, j’avais finalement encore des pensées limitantes sur lesquelles je n’avais pas travaillé (c’est plus douloureux quand on perce la poche des eaux) parce que je ne pensais arriver jusque là. J’aurais dû avoir davantage confiance en moi mais je sais que c’était un point chez moi de ne pas me faire confiance ou de ne pas me sentir capable.

Voilà le récit de la naissance de Charlie, merci encore pour tout 

Au plaisir de vous croiser,​

P/S : Après coup je crois que jusqu’au bout j’étais convaincue qu’accoucher était forcément douloureux (et pourtant on avait beaucoup travaillé sur cette pensée) mais j’ai désormais vécu un accouchement sans douleur, il m’a fallu le vivre pour en être convaincue. Tant que j’étais dans la détente et le relâchement (jusqu’à 8 en l’occurrence pour moi) il n’y avait aucune douleur. Dès que j’ai commencé à perdre pied mentalement ou à laisser le mental prendre le dessus, la douleur est apparue.