Dossier : lien Cerveau-Intestin
Introduction
Lors de notre création en tant que foetus notre Système Nerveux Central et notre Système Nerveux Entérique se forment à partir du même tissu initial. Le lien qu’il y a entre eux vient du tout début de notre vie.
Quel est ce lien entre notre intestin et notre cerveau? Quel est son importance sur notre santé mentale et physique?
Pourquoi tant de médecins et de neuroscientifiques avancent que notre intestin serait notre deuxième cerveau et pourquoi certains pensent qu’il serait peut être même notre premier cerveau? Lequel a le plus d’impact sur l‘autre?
De plus en plus de recherches de neuroscientifiques depuis plus de 10 ans portent sur le microbiote de notre intestin qui aurait finalement une grande importance contrairement à ce qu’on pensait autrefois .
Il est capital en tant qu’Educateur de santé de comprendre le fonctionnement de notre intestin ainsi que de notre cerveau et le lien qui existe entre eux. Donner des conseils avisés en tant que naturopathe doit être fait à la lumière de toutes ces connaissances.
Pour préserver la vitalité de cet axe Cerveau-Intestin, afin d’atteindre une santé optimale nous devons d’abord comprendre leur physiologie individuelle.
On entend souvent chez les enfants anxieux: « j ‘ai mal au ventre ». Un enfant qui a peur d’aller à
l‘école peut se plier en deux et nous nous sentons impuissant face à sa douleur si réelle que rien ne peut soulager à part l‘idée de ne plus être contraint d’y aller.
Quel rapport entre la peur et le ventre? Comment la peur peut nous donner mal au ventre?
Comment ces deux organes si loin l‘un de l‘autre et pourtant si imbriqués communiquent? Nous avons l‘impression en grandissant que c‘est notre cerveau qui façonne notre personnalité et qui nous gouverne. Mais qui mène vraiment la danse? Est ce bien le cerveau comme tout le monde aurait tendance à le croire? Qui gouverne vraiment? L ‘intestin? Comment? Nos actions, nos prises de décisions résultent-elles uniquement de notre cerveau?
Avons nous le pouvoir d’agir sur le fonctionnement de cet axe? Pourrait il fonctionner indépendamment de notre volonté?
Tout le long de notre exposé nous nous appuierons sur des expériences menées par des neuroscientifiques .
Dans une première partie pour comprendre cette problématique nous allons aborder le fonctionnement physiologique de notre intestin et pour ce faire nous serons amenés à mettre en lumière le fait qu’il n‘est qu’une partie d’un tout. Notre intestin héberge, transmet, fait passer et absorbe. Il est le dernier maillon de notre processus digestif, son état détermine ce que nous allons absorber et comment nous l’absorberons. Nous allons donc présenter de manière succincte tout notre processus digestif. Nous nous concentrerons sur les étapes cruciales d’absorption et les conséquences des défaillances du système. Notre intestin est peuplé de plus de 100 milliards de bactéries qu’on appelle le microbiote intestinal. Qu’est ce que exactement le microbiote? Est ce que le microbiote a vraiment une influence sur notre cerveau?
Dans une deuxième partie cette fois ci nous aborderons le fonctionnement de notre cerveau dans ses grandes lignes .
Nous serons amenés à la compréhension de certaines de ses particularités physiologiques. A la lumière du fonctionnement cérébral nous nous focaliserons sur d’autres voies de la communication intestin cerveau.
Plusieurs neuroscientifiques ont constaté lors de leurs nombreuses études que 90 % de la transmission passe du ventre vers le cerveau mais la communication ne passe pas seulement dans ce sens, il reste 10 % . Quelle est la part d’influence du cerveau ? Par quel biais le fait il ? Nous savons que le nerf vague est un nerf qui relie notre intestin à notre cerveau. Quel est le rôle de ce nerf ? Comment fonctionne t il? Est ce qu’une défaillance de ce nerf peut être délétère pour l‘axe cerveau intestin?
Est-ce que le microbiote aurait une importance dans cette communication? Passerait il des informations via ce nerf vague?
Certains chercheurs et professeurs étudiant le microbiote de notre intestin avancent que ce dernier aurait une influence sur la sécrétion de nos neurotransmetteurs si importants pour notre fonctionnement cérébral. Comment cet organe peut communiquer et transmettre de telles informations à notre cerveau? Nous rechercherons les canaux qu’il utilise pour nous aider à comprendre globalement l‘importance du rôle interdépendant entre notre intestin et notre cerveau .
Dans une troisième et dernière partie nous nous focaliserons sur ce que nous pouvons faire pour optimiser positivement les effets de cette communication bidirectionnelle cerveau intestin. Est ce que, ce que nous absorbons pourrait influencer la qualité de cette transmission et aurait un effet délétère sur notre cerveau? Est ce que notre manière de penser aurait une influence toxique sur notre intestin ?
Le choix de nos aliments aurait il une importance ? Nos pensées ? Nos comportements ? Notre manière de respirer? La pollution de notre monde moderne ?
Comment est altéré notre axe intestin cerveau ?
Notre microbiome pourrait il avoir des effets toxiques sur notre axe intestin cerveau?
Pouvons nous viser la santé optimale en améliorant la communication entre notre cerveau et notre intestin?
Qu‘est ce qu’un naturopathe pourrait nous suggérer pour nous aider à équilibrer cet écosystème et viser la conservation d’un intestin et d’un cerveau en bonne santé?
Première partie :
Comprendre le lien entre cerveau et intestin
Notre intestin est un organe qui fait partie de tout un système qui s’occupe de notre digestion. Il en termine le processus. Pour le comprendre complètement nous devons en comprendre tous les rouages et pour avoir une vision encore plus complète nous devons aller à la rencontre de l‘infiniment petit de cet organe .
Pour ce faire, suivons le cheminement de nos aliments et nous comprendrons alors en suivant cette avancée pourquoi l‘intestin n‘est qu’un élément de tout un système et qu’il ne peut pas être étudié en temps que partie unique mais en tant qu’organe interagissant avec tout un ensemble d’organes .
Commençons par suivre des aliments que nous ingérerons. Tout commence par la mastication. Nos glandes salivaires sécrètent 1,5 à 2 litres de salive, 6 milliards de bactéries y siègent. La mastication de ce que nous mettons dans notre bouche va permettre à la salive de se mélanger avec nos aliments. L’amylase est une des enzymes sécrétées en abondance qui va commencer à digérer l’amidon.
La nourriture va ensuite se transformer en bol alimentaire qui va descendre le long de l‘oesophage grâce à ses ondes péristaltiques.
Le bol arrive enfin dans l‘estomac. Sa mission est de détruire toutes les bactéries présentes et d’en laisser aucune continuer le voyage. Pour ce faire il va déposer sur les aliments de l’acide chlorhydrique et du suc gastrique qu’il aura fabriqué lui même. Il va aussi fabriquer du facteur intrinsèque sur lequel la vit B 12 devra se fixer en aval.
Certaines bactéries comme l’hélicobacter pilori aiment cette acidité ambiante mais la plupart des bactéries n‘y résistent pas. Ces acides permettent de digérer les protéines et induisent la contraction de l‘estomac pour un malaxage efficace. Cette production d’acides déclenche aussi la production d’hormones par le duodénum qui est le première partie de l‘intestin grêle. Pour accueillir les aliments transformés par l‘estomac et les prédigérer le duodénum est dépendant de la fabrication de ses hormones. Le bol alimentaire qui arrive dans le duodénum devient alors une bouillie moléculaire qu’on appelle le Chyme .
Nous sommes à ce moment là, au coeur de notre digestion.
Le duodénum fabrique de la cholesystokinine et de la sécrétine qui sont vitales pour tout le processus digestif. Ces hormones transmettent des messages chimiques à tout l’organisme.
La production de cholesystokinine va activer la sécrétion des enzymes pancréatiques et les contractions de la vésicule biliaire pour libérer la bile. La sécrétine va stimuler les sécrétions internes et externes du pancréas.
L’intestin grêle est long de 3 à 6 mètres. Après le duodénum, le jéjunum commence, il est la seconde partie de cet organe qui débouchera dans l’iléon, sa partie terminale. En son sein il conservera la bouille moléculaire pendant environ 4 heures. L‘intestin n‘est jamais vide. Si il n‘y a pas de bouille moléculaire il y a du liquide. C ‘est un organe qui sécrète des enzymes, de l‘eau et des ions. En 24 h il sécrète 6 litres.
La paroi digestive de l‘intestin grêle, de l‘estomac et du pancréas est composée d’environ 20 types de cellules différentes. Elle ne produit pas seulement des hormones mais également des enzymes, des neurotransmetteurs et du mucus .
Les cellules entérochromaffines participent à la sécrétion des neurotransmetteurs .
Les cellules K inhibent la production acide et la motilité de l‘estomac et augmente la libération de l’insuline.
Les neurones de la paroi intestinale ( VIP Vasoactiv Intestinal Peptid ) inhibent la sécrétion gastrique et la motilité gastro-intestinale ce qui augmente la sécrétion biliaire et pancréatique. Les calciformes fabriquent le mucus de protection.
Les cellules de paneth renferment des substances anti microbiennes à l‘intérieur des cryptes des villosités.
Les cellules en gobelet produisent et sécrètent du mucus.
Les enterocytes participent à l‘absorption des nutriments et à la sécrétion des enzymes, les disaccharides découpent les sucres, les peptidases découpent les protéines.
Voilà certaines de ces cellules mais il y en a beaucoup d’autres. Chacune des cellules concoure à la production d’une hormone ou d’une autre molécule toutes utiles au processus .
La muqueuse intestinale est protégée par du mucus. La couche de mucus est une barrière physique poreuse entre l‘intérieur de l’intestin, le côté apical des enterocytes et l’extérieur, le côté basolatéral des enterocytes. Elle est maintenue en place par le glycocalyx qui est une couche de molécules collantes sécrétée par les enterocytes dans la couche qui est non adhérente à la paroi. Ce mucus héberge certaines bactéries que l‘on appelle le microbiote intestinal. Ce microbiote est nourri par le mucus qui contient aussi le système immunitaire de notre intestin.
La qualité de ce mucus est cruciale pour la bonne communication entre notre cerveau et notre intestin pour l‘immunité de notre corps.
Le système immunitaire a besoin de notre cerveau, de notre intestin pour protéger notre corps. Il régule l’équilibre intestinal pour favoriser une prédominance de bonnes bactéries.
Notre système immunitaire protège notre système digestif. Une invasion de pathogènes pourrait avoir de graves conséquences. Notre système immunitaire surveille étroitement tout le processus digestif. Il joue un rôle très important dans les interactions entre l’intestin et le cerveau. Ces deux organes sont protégés tous les deux par des barrières protectrices. La membrane intestinale et la barrière hémato-encéphalique. L ‘équilibre de l‘axe intestin cerveau participe au bon fonctionnement de ces barrières dont le bon fonctionnement protège l’organisme des infections .
La couche de mucus empêche les bactéries d’essayer de pénétrer dans l‘intérieur de l‘intestin. Pour ce faire il faut que les enterocytes soient très proches les uns des autres. Quand elles sont bien serrées entre elles, on dit que les villosités ont des jonctions serrées. Quand le maillage est très serré il est facile de faire en sorte que ne passent dans le sang que les molécules considérées bonnes pour le corps. Les autres qui pourraient être toxiques ne peuvent y pénétrer. La bouillie moléculaire n‘est pas toujours saine et exempte de toxiques. Les nutriments qui ne sont pas assez bien découpés ou digérés par un manque d’enzymes, les toxines ou les molécules pathogènes ne doivent pas passer dans le sang.
Les personnes dont les villosités ont des jonctions non serrées ne peuvent pas filtrer les toxines, l‘équilibre du corps et du cerveau peut être menacé à tout moment car tout peut traverser. Les molécules toxiques absorbées et passées dans le sang ne vont pas forcément pouvoir atteindre nos organes tout de suite. Notre corps est bien fait et surtout protecteur, il va donner une autre chance à notre organisme pour se débarrasser des toxines. Elles vont pouvoir bénéficier d’un filtrage hépatique en étant envoyées dans le foie par l‘intermédiaire de la vie porte. Le foie ne fait normalement passer que le sang purifié au coeur et aux restes des organes mais il peut être dépassé quand trop sollicité par trop de toxines et si en mauvais état.
Les seuls bols alimentaires qui ne passent pas par le foie sont des bols remplis uniquement de sucre. Ces derniers vont directement au coeur et au cerveau en passant dans le sang.
Pour finir, les nutriments absorbés normalement exempts de toxines, vont enfin arriver dans le réseau sanguin en traversant la membrane intestinale ou en venant du foie. Une fois les nutriments dans la circulation sanguine, ils sont apportés à tous nos organes y compris à notre cerveau et ces nutriments renforceront ou pas la bonne communication de l‘axe intestin-cerveau. Malheureusement lorsque des xénotoxines telles que des métaux lourds ou des perturbateurs endocrinien n‘ont pas pu être évacuées correctement, elles traversent la membrane intestinale et la barrière hémato-encéphalique et peuvent favoriser des problématiques neurologiques .
Le chyme va passer dans le jéjunum puis dans l’iléon où 95 % des acides biliaires ayant été utilisés vont être réabsorbés par le foie . Ils n’iront pas jusqu’au colon.
Une fois dans l’iléon le chyme va être métaboliser par les bactéries qui s’y trouvent. Le processus de fermentation démarre. Il produira de la vit K, de la B12, essentielles au fonctionnement de nos cellules.
Les déchets restants de molécules non utilisées finit par arriver dans le colon où l‘y attendent des millards de bactéries. Le magma des déchets se solidifie pendant la réabsorption de l ‘eau par le colon avant d’être évacué par le rectum en tant que selles grâce au péristaltisme commandé par le système nerveux. Le processus digestif sera alors achevé.
Dans le colon ce sont en effet 100 000 milliards de bactéries qui vont métaboliser ces restes. Plus de 1000 espèces ont été identifiées chez l ‘homme. L’intestin héberge un très grand nombre de ces micro organismes qui peuvent être des bactéries, des virus, des parasites, des levures et/ou des champignons. Les bactéries digèrent pour nous et nous protègent des pathogènes.
Une personne saine contient environ 160 espèces différentes. La moitié environ des espèces sont communes entre les personnes et 15 à 20 espèces sont chargées des fonctions essentielles communes à tout le monde. Quatre familles de bactéries parmi les 50 prédominent , les Firmicutes qui sont présentes de 60 à 80 %, les Bacteroidetes ( Prevotella et bacteroides) de 20 à 40 % , les Actinobactéries (bifidobacteries) de 4,5 à 5 % et les protéobactéries de 4, 5 à 5 % chez les personnes en bonnes santé. Leurs proportions respectives sont indicatives et elles varient beaucoup d’un individu à l’autre et de leur état de santé. La proportion des Firmicutes par exemple peut passer de 90 % à moins de 10 % selon les personnes, alors que la proportion de bacteroidetes varie en proportion inverse.
Des bactéries peuvent se nourrir d’autres bactéries ou de leur métabolites ou de mucus. En éradiquer une souche bouleverserait tout l‘écosystème, elles sont toutes dépendantes les unes des autres, elles se renouvellent toutes le 20 mn.
Toutes ces bactéries fabriquent des métabolites qui sont des molécules créées à partir du reste de la bouillie moléculaire. Quand tout se passe bien les métabolites passent dans le sang en traversant la membrane intestinale. Les bactéries elles, restent dans l ‘intestin.
La variété et la qualité des métabolites dépendent des différentes souches de bactéries que nous hébergeons. Nos bactéries fabriquent différentes métabolites à savoir des neurotransmetteurs, des vitamines, des acides gras à chaîne courte et malheureusement aussi des xénotoxines.
Nos bactéries vont communiquer avec notre cerveau grâce au langage neurochimique de ces métabolites qui ont chacune des particularités et des rôles spécifiques dans notre corps.
Elles peuvent nourrir la paroi intestinale, nous protéger du cancer et des maladies auto immunes . Leur production est vitale pour notre équilibre.
Les métabolites acides gras à chaîne courte sont bonnes pour notre santé. Nous avons le butyrate qui maintient l‘intégrité de la barrière intestinale et est anti tumoral, l’acétate qui agit au niveau du système nerveux central en régulant et en modulant le mécanisme de l’appétit, le propionate qui a un rôle dans la régulation du mécanisme lipidique hépatique et est anti inflammatoire, le succinate qui est un précurseur du propionate et a un rôle dans la respiration mitochondriale mais beaucoup de chercheurs l‘étudient encore, ainsi que le lactate car ils ne sont pas convaincus pour ces deux derniers de leur innocuité. Certains pensent qu’ils sont bons pour nous et d’autres non .
Le microbiote a un rôle très important dans notre digestion, nous allons comprendre en l’étudiant que ce que l’on ingère a un réel impact sur notre organisme tout entier y compris notre système nerveux. Le microbiote transmet des informations au cerveau.
Ce n‘est que lors de cette dernière décade que l’on commence à en comprendre l’importance . Pasteur l’avait compris mais comme les bactéries que nous hébergeons se développent dans leur grande majorité dans un milieu anaérobie il n‘était pas possible de les étudier à l ‘époque donc l’hypothèse n‘a pas été suivie. Grâce aux nouvelles technologies récentes de séquençage à haut débit on a enfin eu la possibilité de le faire. Travailler sur les bactéries anaérobies nous a permis d’avoir plus d’informations sur le microbiome humain et on a commencé à comprendre que tout ce qui avait un impact sur cette population allait avoir un impact sur notre organisme tout entier.
Une nouvelle voie de communication entre intestin cerveau était à étudier et de nombreux neuroscientiques s’y sont attelés.
Nous sommes tous inégaux de part notre microbiote. En fonction de la manière dont nous sommes nés, la manière dont nous sommes nourris dans les deux premières années et plus tard la manière dont nous sommes protégés des microbes, la manière dont nous sommes aimés, notre microbiome n‘aura pas la même signature. Notre microbiote est aussi unique que nos empreintes c ‘est dire sa spécificité.
Comme on a pu le constater il y a une véritable interdépendance des actions dans le corps et dans cet écosystème à l’équilibre si fragile qui y est hébergé.
Une production insuffisante de telle ou telle molécule peut bouleverser tout l ‘équilibre.
Une production inadéquate d’acide dans l’estomac empêchera une bonne production des hormones de sécrétine et de cholestokinine, cela peut perturber tout l’organisme. Une production inadéquate de cholesystokinine empêchera un fonctionnement sain de la vésicule biliaire qui ne pourra pas déverser l’intégralité nécessaire de son stock de bile et son stock de bicarbonate de sodium dans le duodénum, cela altérera la production d’enzymes par le pancréas.
Une mauvaise production de bicarbonate de sodium de la vésicule biliaire et un mauvais destockage de la bile ainsi qu’une piètre production d’enzymes de la part du pancréas empêche la division et le découpage correct de nos aliments en lipides, glucides et protéines. Les aliments ne peuvent alors atteindre le niveau moléculaire, l’intestin grêle ne peut alors les reconnaitre et encore moins les absorber. L ‘équilibre est ni trop peu ni pas assez.
Les neurones du système nerveux entériques peuventinhiber la sécrétion gastrique et la motilité gastro intestinale ce qui déclenchera uneproduction accrue de la sécrétion biliaire et pancréatique qui aura aussi un effet sur l’inflammation de notre intestin et de notre cerveau.
Notre Système Nerveux Entérique contient entre 200 et 600 millions de neurones qui sont rassemblés en deux réseaux au sein de la paroi digestive, le plexus sous muqueux de Meissner et le plexus myentérique d’Auerbach. L’intestin est un organe très intelligent qui se suffit à lui même pour beaucoup de réactions endogènes grâce à ce Système Nerveux Entérique. Les neurones entériques contrôlent la tension et le degré de dilatation de la paroi intestinale, la motricité des neurones de l’ intestin, à savoir son péristaltisme et la tonicité de ses sphincters, la sécrétion chimique de l’estomac, du pancréas, du foie, de la vésicule biliaire et du contenu intestinal, le niveau d’hormones dans le sang, le diamètre des vaisseaux sanguins de l’appareil digestif. Malgré tout ce pouvoir il n’est pas entièrement autonome. Il reçoit des neurones du cerveau par le nerf vague qui le régule en permanence. Le corps et notre intestin ne comprennent que le langage chimique donc tout comportement physiologique défaillant interférant avec les étapes de digestion aura un impact sur le cerveau .
Un maillon de la chaîne ne fonctionne pas bien et tout l‘ensemble bascule.
Quand des pathogènes réussissent tout de même à pénétrer en trop grand nombre dans notre intestin et que le processus digestif n ‘est pas assez fort, le système immunitaire caché dans le système nerveux entérique va venir les attaquer. Mais quelque fois le système immunitaire de l intestin quand l ‘axe intestin cerveau ne fonctionne pas très bien et quand son microbiote n‘est pas optimum va prendre pour toxine dangereuse une molécule alimentaire innocente et va produire des anticorps immunoglobuline E ( IgE). Par la suite à chaque fois que la molécule va pénétrer dans l ‘intestin des IgE vont être fabriqués. De l’histamine sera alors sécrétée pour protéger le corps. C‘est le début des intolérances alimentaires ou des allergies ainsi que des maladies auto immunes. Le corps se retrouve à être attaqué par son propre système de défense qui est supposé justement le défendre. Quand on a plusieurs intolérances alimentaires on peut avoir des réactions cutanées, un déséquilibre du microbiote, une mauvaise communication entre notre intestin et notre cerveau mais également des troubles cognitifs et du comportement Parler d’intestin sans parler du système digestif au complet était résolument impossible pour appréhender l’intestin.
On ne peut pas nier la communication de l’intestin sur le cerveau. Le bon équilibre de leur lien avec le corps dépend de l‘état de tout notre organisme.
Le Dr Uma Naidoo dans son livre « les surprenants pouvoirs des aliments sur notre cerveau » nous dit : « le lien intestin-cerveau fonctionne dans les deux sens. Alors si les bactéries intestinales peuvent influer sur le cerveau, il est tout aussi vrai que le cerveau peut modifier les bactéries intestinales .
Deuxième partie:
le fonctionnement du cerveau dans ses grandes lignes
Pour appréhender cet axe intestin cerveau sous un autre angle nous devons nous concentrer cette fois ci sur notre système nerveux, notre cerveau étant également une partie de ce système comme l‘intestin est une partie du système digestif .
Plongeons donc plus profondément dans la physiologie de notre système nerveux qui comprend deux grands systèmes, le Système Nerveux Périphérique et le Système Nerveux Central. Le système nerveux central comprend la moelle épinière et le cerveau. Le Système Nerveux Périphérique comprend le Système Nerveux Autonome, qui contrôle la régulation des organes, l‘homéostasie et la fonction métabolique et le Système Nerveux Somatique qui lui contrôle le toucher, la proprioception et le contrôle de la musculature. Ce qui nous intéresse le plus dans notre problématique c’est le Système Nerveux Autonome qui comprend le Système Nerveux Sympathique que nous sollicitons quand nous avons peur et le Système Nerveux Parasympathique que nous sollicitons quand nous sommes sereins. Le Système Nerveux Parasympathique comprend le Système Nerveux Vagal primitif non myélinisé (immobilisation, figement ), le Système Vagal myélinisé (engagement social) et le Système Nerveux Entérique qui lui entoure l‘intestin. Ce dernier est aussi important dans notre intestin que dans le cerveau de nos petits animaux de compagnie. Certains l‘appelle le deuxième cerveau, il entoure tout notre intestin.
Notre cerveau ressemble à une noix . Il est composé de 2 moitiés reliées entre elles. Ce sont nos deux hémisphères, l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche. Le rôle du cerveau est très important, il coordonne tous les autres organes, actionne les muscles et nous permet de ressentir des émotions.
Chaque hémisphère est lui même formé de 4 lobes qui ont chacun des rôles différents et ils sont tous dominés par un neurotransmetteur différent.
Le lobe frontal est le lobe au dessus de notre front. Il sert à prendre des décisions et analyse les odeurs. Il reçoit des signaux sensoriels de la température et du contact. Il commande nos mouvements volontaires répondant aux stimulus. Il construit notre personnalité. Les neurones de notre lobe frontal produisent des neurotransmetteurs dont une majorité de dopamine . Leur activité électrique prédominante oscille entre 12et35c/s, ce sont des ondes beta. Ces ondes influent sur la vitesse de propagation de l‘influx nerveux entre les neurones .
Le lobe pariétal est le lobe qui est au dessus de notre crâne et qui permet au cerveau de comprendre et de réagir aux signaux sensoriels venant de notre corps. Les neurones y produisent en majorité de l’acétylcholine. Ils ont une activité électrique oscillant entre 7et12c/s , ce sont des ondes alpha.
Le lobe occipital est le lobe qui est à l ‘arrière de notre crâne, il permet d’ analyser tout ce qu’on voit et régule: la capacité du cerceau à se reposer et se synchroniser. Leur activité électrique oscille entre 1à4c/s, ce sont des ondes delta. Ce sont des ondes très lentes.Le neurotransmetteur le plus secrété est la sérotonine.
Le lobe temporal est un lobe qui est situé derrière nos deux oreilles. Il sert à entendre, parler, lire et mémoriser. Les neurones dans cette zone produisent surtout de l’acide gamma- aminobutyrique ( GABA) avec une prédominance d’ondes theta 4à8c/s .
Comme l ‘explique le Dr Braverman dans son livre « Un cerveau à 100 % » chaque lobe reçoit des influx électriques en provenance du système nerveux et ils convertissent ces influx électriques en signaux chimiques. Le cerveau réagit à des stimulus physiques ou émotionnels en sécrétant ces messagers chimiques qui déclenchent ces différents états d’être chez nous.
Les informations chimiques de notre intestin vont impacter la rapidité de l‘activité de l‘influx nerveux entre les neurones et vont donc avoir une conséquence sur la production de tel ou tel neurotransmetteur.
Le nerf vague est le dixième nerf crânien qui part de la base du crâne, la medulla. Il innerve une partie des organes du cou, du thorax et la plus grande partie des viscères abdominaux. C ‘est le plus long des nerfs crânien. Près de 80 % de ses fibres sont sensitives. Ce nerf fait le lien entre l’intestin et le cerveau en transmettant de manière continue leurs messages chimiques.
Le nerf vague est la voie royale de leur communication. Le système nerveux central et le système nerveux entérique, coopèrent et entretiennent une conversation continue grâce à ce nerf qui fait circuler de l’un à l’autre des informations motrices, sensitives, sensorielle et parasympathiques.
Le nerf vague va favoriser l‘activation de la musculature lisse de l’intestin, impactera la motilité intestinale qui régulera son inflammation en fonction de divers paramètres.
Si le nerf vague n’est pas assez sollicité, le système parasympathique est moins sollicité et la production de sérotonine est également moindre ce qui aura une conséquence sur le péristaltisme, le mouvement qui est nécessaire pour éviter les fermentations et les ballonnements . Ces derniers seraient induits donc par le manque de péristaltisme et cela pourrait encore une fois par ricochet avoir un impact sur le cerveau et notre humeur.
Le Dr Daniel Sincholle dans son livre « Super Microbiote », nous explique que le péristaltisme, prévient l’interaction prolongée entre les germes et l’épithélium. Moins on a de péristaltisme et plus nous favorisons l’inflammation. Moins on a de mouvement plus les pathogènes s’installent.
Quand ils sont stressés avant un examen beaucoup d’étudiants ont mal au ventre et même une accélération de leur transit intestinal. Cette anxiété leur empêche de stimuler leur système nerveux parasympathique qui pourrait par le système vagal primitif augmenter les sécrétions des glandes gastro intestinales et les apaiser.
Le stress ressenti dans le ventre va monter par le nerf vague, va provoquer une libération d’hormones pro inflammatoires dans tout le corps. C’est le système immunitaire qui va y libérer des cytokines pro inflammatoires..
Une fois l‘information récupérée par le cerveau, plus précisément par l’hypothalamus, ce dernier va ensuite envoyer de la corticolibérine vers l‘hypophyse qui va libérer à son tour l’ACTH qui va déclencher à son tour une libération de glucocortocoides qui sera fabriquée par les surrénales.
Les corticolibérines sécrétées par l’hypothalamus, le chef d’orchestre de notre cerveau, vont en plus de stimuler l’hypophyse également stimuler les sécrétions du colon. Les sécrétions des étudiants trop abondantes vont augmenter leur perméabilité intestinale ce qui peut leur provoquer des douleurs, des inflammations et des diarrhées. Un état psychologique intense peut modifier la perméabilité intestinale en quelques heures.
Tous les systèmes du Système Nerveux Parasympathique sont controlés par notre nerf vague, qui par le biais de l’hypothalamus qui orientera la prédominance de sécrétion des neurotransmetteurs.
Comme nous l‘avons vu la fermentation dans l’intestin produit des métabolites neurotransmetteurs. La dopamine qui affecte la cognition et la santé globale du cerveau. L’acétylcholine qui stimule l’activité de la digestion, le transit, l ‘empathie et la mémoire. La sérotonine qui affecte le transit, le sommeil et l’humeur. La noradrénaline et les neuropeptides vont eux inhiber l‘activité de la digestion et jouer un rôle dans la mémoire.
La production des neurotransmetteurs à partir du microbiome intestinal a des effets considérables sur l’humeur et la santé mentale. 95 % de la sérotonine de l‘organisme tout entier est fabriquée dans l ‘intestin. Le cerveau n‘en fabrique que 5 %.
Nous avons vu dans notre première partie que le microbiote fabriquait aussi des acides gras à chaînes courtes. Ces AGCC ont des propriétés neuroprotectrices et peuvent moduler les inflammations. La production de métabolites est aussi altérée par l’inflammation.
Beaucoup de scientifiques ne savent pas si ce sont les causes ou les conséquences de tels ou tels troubles qui commencent dans l‘intestin ou dans le cerveau. Ils sont tellement interdépendants que c‘est vraiment complexe à déterminer .
Une inflammation de notre cerveau peut provoquer une inflammation dans notre intestin et vice versa. Cependant on sait que les problèmes de constipation sont souvent les causes originelles des maladies neurologiques .
Un nerf vague pas assez sollicité va provoquer une baisse du tonus parasympathique, ce qui provoquera une baisse du flux sanguin au niveau des viscères. Si le système orthosympathique se retrouve sollicité en permanence par exemple lors d’un stress chronique ou aigu l’intestin ne sera pas irrigué correctement. Le but de la sollicitation orthosympathique c‘est l‘afflux de sang dans les parties du corps utiles pour la défense.. Nous avons besoin de sang dans les jambes, le coeur, les yeux, les bras et les mains pour nous sauver la vie. L‘intestin n’est pas un organe essentiel à notre survie immédiate face à un danger qui peut mettre fin à notre vie.
A partir du moment ou vous avez une perte de la sollicitation du parasympathique par un dysfonctionnement du nerf vague, dû à un stress, cette diminution du flux sanguin au niveau des viscères rendront la production du mucus et le maintien de la barrière intestinale plus difficile ce qui pourrait développer une inflammation, une hyper perméabilité intestinale et un passage plus intense de produits toxiques dans le sang qui auront un impact sur le cerveau. L ‘intestin et le cerveau sont liés par la circulation sanguine et par le nerf vague.
L‘intestin a des capteurs qui enregistrent le montant des quantités de nutriments ,des taux de lipides et de glucides . Ces informations vont monter au cerveau par le nerf vague et vont l’inciter à libérer de la dopamine dans le striatum, une structure de notre cerveau qui est associée au mouvement, à la motivation, aux impulsions, au système de récompense et à la prise de décision. Le striatum est dans le lobe frontal, sous le cortex cérébral dans les ganglions de la base. Rappelez vous la zone du cerveau où les influx électriques passent très vite d’un neurone à l‘autre et qui est la région du cerveau qui fabrique plus de dopamine.
Lorsque les lipides sont détectées par les capteurs de l’intestin dans le jéjunum, le nerf vague transmet donc l’information en passant par le cerveau postérieur. Les aliments riches en graisses et en sucres peuvent augmenter les niveaux de dopamine dans le striatum jusqu’à 200 %. Les bactéries adorent les glucides et les lipides.
L’intestin avec ses capteurs peut influencer la fonction cognitive et nos comportements. La production de neurotransmetteurs dans notre intestin orienterait nos prises de décision et renforcerait nos addictions.
L’inflammation de l ‘intestin a été liée au déclin cognitif et aux troubles neurologiques dans la maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Il est de plus en plus évident que le microbiote intestinal pourrait jouer un rôle dans le développement de ces maladies.
Certaines études ont montré que les personnes atteintes de ces conditions ont des compositions de bactéries intestinales différentes de celles des personnes en bonne santé. Ils pensent que l‘inflammation et la production de substances nocives par certaines bactéries pourraient contribuer aux dommages neurologiques. Leurs recherches ont également montré que les enfants atteints de TDAH et du trouble du spectre autistique présentent souvent des déséquilibres du microbiome intestinal.
Les dernières recherches ont montré qu’un microbiote déséquilibré, en état de dysbiose (Dysbiose) favorisait la prolifération des bactéries pathogènes et participait à la dérégulation du système immunitaire et à une production altérée des neurotransmetteurs.
Le professeur Gérard EBERL de l ‘institut Pasteur avance « Nous avons pu démontrer qu’une certaine composition du microbiote peut transférer un état dépressif » Ils ont aussi découvert que certaines souches de bactéries pouvaient guérir la dépression ou améliorer telle ou telle problématique du cerveau en faisant des expériences sur des souris en transférant des microbiotes de souris saines , grosses ou avec d’autres problématiques sur des souris axéniques ( stériles) .
Un déséquilibre des bactéries intestinales peut entrainer une réduction de la sérotonine. Ce qui contribuera à générer des maladies comme la dépression, l‘anxiété et des maladies neurodégenératives.Comme nous l’avons déjà vu dans une première partie, cela peut ralentir le péristaltisme et provoquer plusieurs troubles du système digestif qui se répercuteront sur le cerveau.
Le cerveau influence hormonalement toutes les fonctions physiologiques par le biais de
l’hypothalamus. La communication entre le cerveau et l’intestin se fait par les influx électriques des neurotransmetteurs qui passent par le nerf vague. Le cerveau aura une influence sur le fonctionnement de la digestion et donc de l’intestin par le biais de ce nerf et l’intestin aura une influence sur le crevas par le biais du même nerf. Les mécanismes de la douleur sont déclenchés par des cellules de la paroi de l’intestin qui sécrètent des neuromédiateurs comme les opioides, les cytokines et la substance P.
Différentes études montrent que l’inflammation au niveau intestinal a une conséquence sur l‘inflammation du cerveau et vice versa, on se retrouve encore dans une cause à effet dans une interdépendance entre ces deux organes .
Le Dr Pentcalet, neurochirurgien s’interroge dans son cours de formation sur les implications théoriques et cliniques de l ‘axe intestin cerveau . Il écrit dans son cours: « La colopathie fonctionnelle ne serait-elle pas une forme de migraine digestive peut-on concevoir une dépression digestive ? » Ce ne serait pas illogique compte-tenu de la quantité de sérotonine sécrétée par l’intestin.
Notre microbiote pourrait par sa production de neurotransmetteurs influencer l a formation de notre personnalité. Suite à ma lecture du livre du Dr Braverman qui souligne que notre personnalité est façonnée en fonction de nos neurotransmetteurs dominants et de nos carences et qu’ils peuvent provoquer nos maladies je me dis que la dominance de neurotransmetteurs de tout un chacun participe à la spécificité unique de notre microbiote intestinal.
Certains bactéries intestinales sont plus connues pour produire plus tel ou tel neurotransmetteur, la qualité de notre population bactérienne pourrait par conséquence influencer notre comportement et nos émotions.
Le fait que la composition de notre microbiote pourrait être une indication importante de notre tempérament, de notre caractère et de nos prédispositions à telle ou telle maladie est révolutionnaire.
Le Dr Castronovo avance cette hypothèse dans beaucoup de ses conférences que l’on peut visionner sur you tube. Si ces informations se révélaient être vérifiées et validées cela pourrait remettre en question la conceptualisation personnelle de notre personnalité et de notre individualité. Comme nous le savons la communication de l‘intestin vers notre cerveau est de 90 % de la communication entre eux. Cette hypothèse pencherait sur le fait que notre intestin pourrait être notre premier cerveau .
Certains chercheurs pensent que le microbiote pourrait avoir un impact sur notre conscience. Des recherches ont montré que des interactions microbiennes peuvent potentiellement influencer notre expérience subjective de la conscience au delà de la régulation de notre humeur. Si ces recherches sont avérées et validées cela pourrait ouvrir de nouvelles voies pour comprendre l ‘esprit humain.
Troisième partie :
Optimiser ce lien Intestin Cerveau
Nous venons de montrer l‘importance des ces deux organes l’un sur l‘autre. Nous venons de comprendre également que cet axe ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde. Qu‘est ce qui peut entraver ce lien? Quelles sont les conséquences sur notre santé si il n ‘est pas optimisé ? Comment pourrions nous en préserver la vitalité ?
Nous avons vu dans la première partie qu’un défaut d’assimilation pouvait entraver cette bonne communication.
Lors de notre digestion le pancréas fabrique des enzymes, du suc pancréatique et aussi une hormone vitale dont nous n ‘avons pas encore parlé : l’insuline. Cette hormone va participer au lien intestin-cerveau en régulant notre taux de glycémie. Trop de sucre dans notre intestin favorise une prolifération de nos mauvaises bactéries. Ces mauvaises bactéries vont grignoter nos nutriments et vont élaborer des métabolites toxiques dont on préfèrerait qu’elles ne soient pas créées pour ne pas prendre le risque qu’elles passent dans notre sang car elles pourraient avoir une influence directe sur notre état de santé et notre lien intestin cerveau.
En plus d’avoir une implication directe sur la prolifération des mauvaises bactéries dans l’intestin, le sucre fera des dégâts dans notre intestin grêle et gênera une absorption optimale et saine . Certains neuroscientiques ont découvert que les mauvaises bactéries proliféraient grâce au sucre dont elles sont très friandes.
L’intestin produit du glucose. Le sucre dans le sang ne doit pas dépasser un gramme.
Ce sucre n ‘apparait pas au même moment dans le corps. Quand vous n’en mangez pas le corps le produit. Le sucre apparait dans la veine porte qui relie l’intestin au foie quand il n‘est pas détecté dans notre organisme en quantité suffisante. L’intestin n‘en produit pas beaucoup mais quand il est présent il est détecté par le cerveau. Ce sont les AGCC qui vont augmenter le glucose dans la veine porte d’où l’importance d’avoir une production suffisante d’AGCC. Les protéines aussi y favorisent la production de glucose. Ce glucose a la particularité de protéger du diabète et favorise une bonne communication entre le cerveau et l ‘intestin.
La libération d’insuline est liée au bon fonctionnement de l‘assimilation dans l ‘intestin grêle . Par ricochet un intestin en mauvais état qui ne fabrique pas assez de vit K fera en baisser son taux, ce qui diminuera la production d’insuline. Une baisse de production d’insuline entraînera une augmentation du taux de sucre dans le sang et une chute de ce dernier dans nos cellules, le cerveau en manquera alors qu’il en besoin pour fabriquer les neurotransmetteurs indispensables à notre équilibre.
La berbérine pourrait aider à faire rentrer le sucre dans nos cellules et favoriser un meilleur état de notre barrière intestinale .
Le champignon Hericium pourrait faire de même.
L’activité sportive serait aussi recommandée car plus les muscles sont fabriqués et plus le sucre rentre dans les cellules musculaires qui en ont besoin.
Les mauvaises bactéries et surtout leur prolifération de-conjuguent la bile qui arrive dans le duodénum. Les bactéries ne devraient pas se développer en trop grand nombre au niveau du jéjunum et de l‘iléon. Les bactéries font perdre à la bile sa qualité, du coup elle ne sera plus efficace sur les matières grasses. On pourrait dire que c’est la vésicule biliaire qui ne fait pas assez de bile mais en fait ce n‘est pas ça. Cette bile sera détruite. Une prolifération de bactéries dans l‘intestin grêle peut aussi séparer la vit B12 du facteur intrinsèque, l‘assimilation de cette dernière n‘est donc plus possible. Cela aura des conséquences directe sur notre cerveau alors que la B12 est indispensable pour la transformation en énergie au niveau cellulaire. Le manque de qualité de sels biliaires peut aussi atteindre l‘absorption et la production de la vitamine K .
Les mauvaises bactéries se nourrissent également d’enzymes qui sont faites par la barrière intestinale et qui servent normalement pour l‘assimilation.
Les lipides nécessaires pour le cerveau ne seront pas non plus correctement assimilés. Ces défauts d’assimilation viennent de trop de bactéries et d’un mauvaise ratio entre les bactéries positives à Gram + et les bactéries toxiques à Gram – .
Ce trop plein de bactéries va produire des cytokines qui sont des molécules qui vont envoyer des signes de danger au système immunitaire et déclencher un processus d’inflammation. Ces bactéries finiront par affecter notre production de mucus. Trop de mucus peut aussi faire flamber notre paroi intestinale. Rappelons nous qu’une inflammation de notre intestin provoque une inflammation de notre cerveau. Les bactéries en trop grand nombre dans le petit intestin ne sont pas au bon endroit.
Plus l’état de notre barrière intestinale est en mauvais état plus l’écart entre les villosités de notre intestin grêle vont voir leur jonctions se desserrer. La zonuline est une protéine qui intervient pour desserrer les jonctions pour faire passer les métabolites. Quand il y a déséquilibre il y a trop de zonuline qui malheureusement peut faire passer beaucoup de molécules délétères pour notre santé.
Les métaux lourds toxiques pour notre cerveau peuvent ainsi passer dans notre organisme en pénétrant dans le sang pour atteindre notre cerveau ce qui va également provoquer des dégât neurologiques.
Avoir un bon microbiote serait un indice de santé. Notre axe intestin cerveau en serait renforcé et notre organisme serait plus fort . Notre microbiote est unique et ne ressemble à aucun autre.
Voyons ensemble ce que nous pourrions faire pour optimiser ce microbiote. Tout commence bien avant notre naissance.
Le Dr Daniel Sincholle nous dit que «Des recherches récentes ont identifié de l’ADN bactérien dans la plupart des échantillons de méconium suggérant qu’une exposition aux bactéries, intervient déjà dans le ventre de la maman» La prise d’antibiotique de la maman avant la conception et pendant la conception aura un impact sur le microbiote de son bébé. Sensibiliser les femmes en âge de procréer, sur l‘importance de leur microbiote intestinal pourrait les aider à préserver la santé de leur futurs enfants.
L‘importance de la naissance par voie basse et de l ‘allaitement n‘est plus démontrer à la lumière des nouvelles recherches mais peu de mamans y sont sensibilisées dans le monde.
Notre manière d’être dans la vie, nos épreuves peuvent altérer notre microbiote. Dr Daniel Sincholle dans son livre « Super microbiote » nous explique que le stress peut changer la composition de nos bactéries. Une étude de 2011 a rapporté que des souris stressées, laissées dans une cage avec des souris agressives ont vu dans leur sang leur taux de bactéries bénéfiques chuter et celui des médiateurs inflammatoires augmenter dans le sérum sanguin.
Trop de stress va favoriser la prolifération des mauvaises bactéries et donc altérer notre production de sérotonine comme nous l’avons vu précédemment. La production de la sérotonine par l‘intestin tourne autour de 95 % de la production totale de notre organisme donc l’impact sera très important sur notre axe intestin cerveau. Cela va aussi engendrer une respiration superficielle et entraîner une diminution du niveau d’oxygène et une augmentation du niveau de dioxyde de carbone dans le sang ce qui provoquera une prolifération des pathogènes au détriment des bonnes souches de bactéries.
Conseiller aux personnes qui veulent optimiser leur prévention santé de prendre du temps pour des exercices respiratoires tous les jours les aidera aussi à stimuler plus efficacement leur nerf vague et renforcera leur communication intestin cerveau qui est la garantie d’une bonne santé pérenne.
Comme nous le comprenons, face au stress, le système nerveux lie notre cerveau et nos intestins. Le nerf vague sera défaillant si notre corps active le système sympathique au détriment du parasympathique. Le nerf vague contrôle les valves de l‘intestin. Entre le colon et le petit intestin il y a la valve iléocaecale dont l‘importance est capitale. Cette valve est là pour empêcher que le contenu du colon colonisé par les bactéries en fin de digestion ne repasse dans le petit intestin qui lui n‘est pas autant colonisé et ne doit pas l‘être. Si le système du nerf vague présente un dysfonctionnement comme c‘est le cas sous stress le système sympathique sera plus sollicitée cela entraînera un dysfonctionnement au niveau de la valve iléocaecale, le contenu du colon repartira donc dans l’intestin grêle, on aura ce qu’on appelle un SIBO, une prolifération de bactéries dans l’intestin grêle. La production des neurotransmetteurs sera altérée et on rentre dans un cercle vicieux car cela fera que le nerf vague fonctionnera encore moins bien .
Le docteur Daniel Sincholle nous parle dans son livre le super microbiote que la souche bactérienne lactobacillus helveticus NS8 a été comparée à un médicament le citalopram chez des rats souffrant de dépression, d’anxiété et de dysfonctionnements cognitifs dû a du stress chronique. Le probiotique s’est révélé plus efficace que le médicament pour réduire l’anxiété induite par le stress. Le probiotique a abaissé le cortisol et restauré les niveaux de sérotonine et des autres neurotransmetteurs dans le cerveau. Ces études ont été aussi menées sur l‘homme en synergie avec lactobacille helveticus et lactobacillus rhamnosus et ont eu les même résultats positifs sur l’anxiété induite par le stress.
Cette décennie voit un développement important de cas d’autisme et de TDAH chez les enfants. Les métaux lourds, tels que le mercure et l‘aluminium arrivent à passer dans le sang et se logent dans la fissure longitudinale entre les deux hémisphères cérébraux comme l‘explique Anthony William dans son livre « Medical médium »., il explique que quand les métaux lourds arrivent à pénétrer ce sillon, ils bloquent les transmissions électriques et énergétiques entre les deux hémisphères. Il explique que l’influx nerveux se met a stimuler des neurones et à envoyer des neurotransmetteurs sur des voies qui ne leur correspondent pas .
Une barrière intestinale poreuse suite à un mauvais microbiote favorisera ce passage de ces métaux lourds et altèrera le cerveau.
Daniel Sincholle nous dit qu’ils ont découvert suite à des observations avec un microscope puissant que les métaux lourds et les produits de synthèse sont susceptibles d’affecter notre microbiote et qu’ils vont avoir un impact sur l’épaisseur de la couche de mucus.
Des neuroscientifiques ont découvert que l’organisme des enfants et des adultes atteints d’autisme n’étaient pas en mesure de digérer le gluten et la caséine à cause du déséquilibre de leur flore intestinale. Leur microbiote produirait des glutéomorphines et des caséomorphines, deux opiacés dérivés du gluten qui se seraient retrouvés dans l’urine des enfants atteints.
Le Dr Shaw fait une découverte qui relie une bactérie avec le cas de l’autisme. Le clostridium est une bactérie difficile à mettre en évidence faute de tests suffisamment efficaces pour la détecter, et les antibiotiques ont du mal à l ‘éradiquer complètement. De nombreuses toxines sont produites par différentes espèces de clostridium. Le docteur William Shaw rapporte une amélioration importante des symptômes d’enfants autistes à l’issue de traitement du clostridium. Dès l‘arrêt du traitement, les enfants replongeaient dans l’autisme faute d’une flore intestinale en bonne santé. Malheureusement la mauvaise qualité de la flore intestinale ne pouvait maitriser le clostridium et empêcher ses toxines de traverser la paroi intestinale. Nous sommes dans un véritable cercle vicieux .
La manière dont nous mangeons est vraiment importante.
Le Dr Uma Naidoo rapporte dans son livre les surprenants pouvoirs des aliments sur le cerveau que : « les aliments influencent directement et indirectement sur le cerveau . Le microbiote décompose les aliments en matières fermentées et digérées, qui agissent directement sur les neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et le GABA. Ceux ci se rendent au cerveau et modifient la façon dont nous pensons et ce que nous ressentons (…..) en raison de ses effets, la nourriture est l’un des plus puissants médicament en matière de santé mentale»
Le professeur Gabriel Perlemuter dans son livre « De l’intestin au cerveau » parle d’une étude qu’il a réalisé avec son équipe de l’INSERM sur une sélection de 112 personnes , la moitié souffrant d’une dépression sévère et l‘autre moitié non déprimée . Ils ont découvert la présence de fusobacteria et de saccharibacteria qui auraient des propriétés inflammatoires chez le groupe des déprimés. Dans la deuxième étape de son étude il découvre « qu’une présence importante de firmicutes entraîne une meilleur réponse. Il semble que ces bactéries utiliseraient le tryptophane qui nous parvient de l ‘alimentation pour fabriquer de la sérotonine »
Il a découvre également que la prise régulière de « bifidobacterium infantis améliore le comportement des souris aussi bien qu’un véritable antidépresseur »
Notre alimentation a un impact sur notre intestin et notre cerveau car elle influence la production de nos neurotransmetteurs en métabolisant aussi leur précurseurs..
Notre manière de nous alimenter a une influence sur notre microbiote et donc sur notre cerveau Le professeur Gabriel Perlemuter s’interrogeait déjà en 2020 sur l’effet de notre microbiote sur notre volonté, il allait loin dans sa réflexion en se posant une question qui sera peut être amenée à être posée de plus en plus dans l’avenir : « jusqu’où l’excuse bactérienne ou microbienne peut elle dédouaner les troubles du comportement ? »
On en revient à la question qui commande vraiment ? L ‘avenir de la recherche nous le dira.
Tous les professeurs spécialistes en nutrition, les chercheurs, les neuroscientiques le disent à l’unanimité l‘alimentation recommandée pour un bon microbiote et un bon état de notre axe intestin cerveau est une alimentation à base de fruits frais exempts de pesticides, de légumes à feuilles vertes ou colorés, de céréales complètes, de légumineuses, de légumes fermentés et d’oeufs de poule élevées en plein air. Ils nous disent de ne pas oublier notre ration d’omega 3 en favorisant les petits poissons au gros qui contiennent plus de mercure, de limiter notre consommation d’acrylamide : café, la cuisson élevée de la viande, de favoriser les fibres et les optimiser en consacrant son assiette à un pourcentage d’aliments crus. A l’unanimité ils nous disent d’éviter de consommer des produits industrialisés, transformés et non biologiques car nos bactéries peuvent produire des molécules d’indole, de phénol ou d’ammoniaque à partir de ces derniers. Et surtout ils nous rappellent de boire beaucoup d’eau.
Après chaque auteur d’alimentation va avoir des variantes mais la base reste la même.
Le Dr américain Marc Hyman recommande un régime pegan ( VEGAN – PALEO ).
Anthony William dans son livre Médical médium dit qu’un régime « à forte concentration en graisses provoque une production d’adrénaline supérieure à celle générée par d’autres régimes alimentaires, ce qui ce qui favorise quelque peu la concentration, mais il finit par épuiser les surrénales et risque même d’entraîner une carence en neurotransmetteurs »
Le Dr Daniel Sincholle nous explique que les céréales raffinées débarrassées de leurs fibres comme le pain blanc, les gâteaux, le riz blanc sont constituées presque à 100 % d’amidon hautement digeste. Ce sont des chaînes de glucose rapidement libérées. Elles se comportent souvent comme du sucre pur. Ces aliments ont les mêmes effets néfastes que le sucre sur la flore intestinale et les même conséquences délétère sur notre cerveau. De plus il explique que les enterocytes stimulés par le gluten ingéré vont provoquer une production plus intense de zonuline qui va favoriser une ouverture plus importante encore de jonctions serrées de l intestin avec un passage plus important de toxines dans le sang et un impact en aval sur le cerveau.
Le Dr Sarah Ballantyne dans son livre « Objectif Santé Immunitaire », nous dit que « Les céréales, les pseudo-céréales, les légumineuses, les produits laitiers, les fruits à coquilles graines, et les solanacées renferment tous des substances qui augmentent la porosité intestinale, soit directement ( en endommageant les enterocytes ou en ouvrant les jonctions serrées entre les entérocytes ) soit indirectement ( en favorisant la prolifération des bactéries et de levures dans l ‘intestin grêle (…) Les substances qui sont au banc des accusés, les lectines ( et plus précisément les prolamines et les agglutines), les inhibiteurs enzymatiques, les saponaires (tout particulièrement les glycoalcaloides ) et l ‘acide phytique »
Le Dr Ballanthyne explique dans son livre que toutes les protéines ne peuvent pas être découpées correctement . Pour elle, la structure des prolamines qui sont en grand nombre dans les céréales n‘est pas compatibles avec les enzymes de digestion humaine et souvent les céréales qui contiennent de la prolamine ont également en plus des inhibiteurs de protéases qui vont empêcher une bonne assimilation par l’intestin grêle. Elle dit aussi que les enterocytes stimulés par le gluten ingéré va provoquer une production plus intense de zonuline qui va favoriser une ouverture plus importante encore de jonctions serrées de l intestin.
Pour limiter ce problème on nous encourage de faire tremper nos graines céréalières jusqu’au stade de la pré germination avant de les cuisiner.
Beaucoup avancent que la prise d’alcool augmente la part des protéobactéries au détriment des bactéries protectrices de notre santé et que les protéines favoriseraient la multiplication des bactéries qui produiraient des composes sulfureux et les acides gras branchés potentiellement toxiques.
Les graisses animales augmentent la synthèse d’acides biliaires et de cholestérol par le foie, elles sont transformées en acides biliaires secondaires sous l ‘action des bactéries du microbiote Ces acides biliaires secondaires sont néfastes pour la prolifération des mauvaises bactéries et pour le cerveau. Les graisses animales au cours du métabolisme intestinal produisent d’autres agents cancérigènes. Les amines hétérocycliques produits par la cuisson trop intense de la viande n’arrangerait rien. Limiter la consommation de viande cuite à haute température pourrait optimiser la santé au long terme de notre intestin et de notre cerveau. Le déséquilibre de notre microbiote en état de dysbiose favorise la prolifération des bactéries pathogènes, notre microbiote est en grande partie dépendant de notre régime alimentaire et même s’il existe plusieurs avis pour ces manières de s’alimenter elles ont une base commune.
Des chercheurs de l’INRA ont fait des expériences en transférant la flore intestinale d’une souris obèse à une autre qui ne l‘était pas , ils ont découvert que l’animal s’était mis à grossir. Son comportement vis-à-vis de la nourriture a radicalement changé, tant au niveau des préférences gustatives, que dans sa manière de faire face à sa nourriture.
L’intestin aurait un impact sur le contrôle de l’appétit et d’autres paramètres impliqués dans le contrôle de l’obésité
Il est évident que ce que nous ingérons aura un impact sur notre intestin et notre cerveau .
En favorisant certains types d’aliments nous favoriserons telle ou telle souche bactérienne dans notre intestin et nous pourrons améliorer la santé de notre cerveau et leur communication bidirectionnelle ..
Les polyphenols des fruits stimulent la prolifération d’un bon microbiote .
Les flavonoîdes des myrtilles favorisent la prolifération d’Akkermansia muciniphila qui est présente chez les personnes en bonne santé.
Le clou girofle très riche en eugénol (80 % ) peut stimuler les bactéries bénéfiques qui favorisent la production de mucus intestinal,.
Comme on l‘a vu dans la deuxième partie ,certaines souches de bactéries intestinales fabriquent du GABA , de la sérotonine, de la dopamine, et de l‘acétylcholine qui ont tous un effet sur nos humeurs et notre état de santé cérébral. Certains probiotiques tels que le lactobacille caséi, le lactobacille helevticus, le bididobacterium longum se sont révélés être des influenceurs de notre production de neurotransmetteurs . Ils pourraient aider préserver l ‘équilibre santé du cerveau qui peut toucher certaines zones cérébrales qui sont associées à des troubles de la mémoire, de l’humeur, voir à des maladies cérébrales.
Le grignotage va également entraver l‘équilibre de l’axe en empêchant le système de nettoyage de l‘intestin de se déclencher. Le complexe migrant moteur s’il ne se déclenche pas empêche l’intestin d’atteindre un état de propreté nécessaire à son bon fonctionnement, cela favorise la prolifération des mauvaises bactéries .
Le complexe migrant moteur ne fonctionne correctement qu’en présence de sérotonine. Manger trop de calories, trop de graisse saturée et d’oméga six déséquilibre le microbiote et augmente la perméabilité de la muqueuse digestive. La muqueuse intestinale doit stopper les bactéries mais quelque fois elles réussissent à passer. On appelle ce phénomène la translocation bactérienne. Ces bactéries viables d’origine digestive passent à travers la barrière de la muqueuse intestinale et se dirigent vers les ganglions lymphatiques et les autres organes. On voit encore le lien vital et interdépendant entre l’intestin et le cerveau.
Un microbiote sain peut contribuer au fonctionnement optimal du cerveau . Leur connexion passe par le système immunitaire, le système endocrinien et le système nerveux . Une coordination entre tous ces systèmes est nécessaire pour que tout fonctionne bien.
Réussir à se débarrasser des bactéries pathogènes de notre intestin n‘est pas toujours une entreprise couronnée de succès que ce soit avec des antibiotiques ou des antibactériens naturels.
Le Dr Scanzi Julien dans son livre « incroyable microbiote » écrit « la capacité de résistance aux antibiotiques peut se transférer d’une bactérie A à une bactérie B, sans même que la bactérie B n ‘aie été en contact avec des antibiotiques »
On sait que les animaux d’élevages sont gavés d’antibiotiques et que nous les mangeons. On comprend comment cette résistance aux antibiotiques se développe mondialement. Prendre une viande biologique permettrait de limiter cette résistance dans l’organisme humain et animal et permettrait de préserver la santé de l’ intestin et du cerveau de tout un chacun .
Dr Perlemuter Gabriel nous relate dans son livre « De l’intestin au cerveau « Escherichia Coli joue dans notre organisme, un rôle protecteur pour les autres bactéries: elle les aide à adhérer à nos tissus et muqueuses et forme autour d‘elles un biofilm qui les préserve. C ‘est la raison pour laquelle plus on a d’infections( …..) , plus on aura tendance à récidiver : les bactéries responsables se sont mises à l ‘abri des antibiotiques grâce aux protéines de l’E.coli»
Des chercheurs ont étudié des centaines de substances chimiques et naturelles dans le but de fragiliser ce biofilm, afin de pouvoir éradiquer les bactéries à l ‘intérieur. Certaines enzymes , la cellulase et la bêta glucosidase rendent instable le biofilm qui est comme une tente de protection autour de nos bactéries pathogènes. Ces enzymes permettent à des substances antibactériennes et antifongiques, de pénétrer ce biofilm et d’agir pour s’opposer aux bactéries et d’en limiter le développement.
Pour améliorer la santé de notre intestin et son ratio de bonnes et mauvaises bactéries, une cure de lait d’ânesse est également remarquable. Ce lait contient des polypeptides antibactériens comme la lactoferrine et le lysozyme. Sa teneur en lysozyme est 4 fois plus importante que dans le lait humain tout en étant très proche de lui. Le lysozyme est une protéine présente dans les globules blancs dont le rôle est de détruire la paroi des bactéries lors des infections.
L’axe cerveau intestin est en dialogue permanent avec le corps. De son bon état de fonctionnement dépend notre santé. Le Dr PENCALET Philippe explique dans sa formation de Coach en neurosciences que « Le système nerveux entérique a une connexion étroite avec le système nerveux autonome et le système limbique » pour lui l’appareil digestif est un centre émotionnel à part entière par l ‘intermédiaire de son système nerveux entérique. Il dit que « Le système nerveux entérique peut être vu comme une extension périphérique du système limbique dans l’intestin « et que « certaines parties du système limbique peuvent être comprises comme une encéphalisation du système nerveux entérique » A la lumière de mon mémoire je comprend ces dires.
Le Dr PENTCALET estime que « Doué de mémoire, l’intestin contiendrait les archives de notre vie émotionnelle, constituant « la matrice biologique de l’inconscient » en participant à nos rêves »
Michael Gershon dans son livre « the second brain » cite « Avec ses substances psychoactives endogènes, le ventre a le pouvoir de donner naissance à du découragement ou de l’enthousiasme , de l‘impuissance ou du plaisir, de la dépression ou de l’accomplissement » . Pour lui ce n ‘est pas le cerveau qui produirait les syndromes anxieux et névrotiques mais bien l’intestin. Les traditions médicales ancestrales pensaient la même chose .
Cela nous rapprocherait de l‘hypothèse que notre intestin serait notre premier cerveau.
Hippocrate lui donnait aussi une importance primaire « Toutes les maladies débutent dans l‘intestin » .
Conclusion
Nous réalisons avec l‘écriture de ce mémoire que des produits dérivés du microbiote se retrouvent dans la circulation sanguine et modulent nos processus physiologiques et nos fonctions cérébrales. Mon dernier fils s’est fait piquer la tête par un insecte quand il a eu 9 ans. Avant cette piqûre d’insecte il était un enfant très obéissant, toujours joyeux, en paix et calme qui n’avait aucun problème de concentration et aucunes terreurs nocturnes, petit à petit il s’est transformé. Mon fils n‘avait jamais eu de traitement antibiotique de toute sa vie, il est né par voie basse à la maison, a été allaité 2 ans et avait une alimentation saine exempte de produits transformés. Suite à cette piqûre une infection sur toute la tête s’est étendue. Voyant qu’aucun remède naturel ne fonctionnait je l‘ai emmené chez le médecin. Il a pris alors son premier traitement antibiotique pendant deux semaines. Petit à petit mon fils s’est transformé et des troubles du comportement et de la concentration ont fini par être diagnostiqués. Les tests de la maladie de Lyme sont revenus négatifs. Des intolérances alimentaires au gluten, à la caséine et aux oeufs ont été découverts puis le diagnostic de TDAH est tombé à ses 12 ans. Je reste convaincue que le microbiote de mon fils a été modifié drastiquement suite à sa prise d’antibiotique. Un nettoyage des métaux lourds a été effectué, une éviction du gluten et de la caséine pendant 2 ans, accompagné de plantes comme le Griffonia lui ont permis d’éviter la prise de Ritalin qui lui était préconisé.
Des scientifiques de l’institut Pasteur, de l’INSERM et du CNRS ont découvert chez les animaux que des neurones de l’hypothalamus détectent directement les variations de l’activité bactérienne de notre microbiote. Ces neurones adaptent en conséquence de ces informations notre appétit, notre température corporelle et probablement nos comportements.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans le magazine « Sciences » le 15 avril 2022 et montre l’existence d’un dialogue direct entre notre intestin et le cerveau. Ces scientifiques ont voulu comprendre comment les bactéries de l’intestin pouvaient avoir un effet direct sur l’activité de certains neurones du cerveau. A l’intérieur de nos cellules immunitaires et de certaines de nos cellules intestinales il y a un récepteur qui s’appelle NOD2 qui détecte la présence de muropeptides. Les muropeptides sont des composés de la membrane des bactéries, elles peuvent être considérées comme des produits dérivés du microbiote. Le fait que le récepteur NOD2 est associé à des maladies digestives et neurologiques et des troubles de l’humeur a déjà été validé mais personne n’avait encore conclu à un rapport direct entre le fonctionnement des neurones du cerveau et l’activité des microbes de l’intestin.
En utilisant des techniques d’imagerie cérébrale les scientifiques ont observé chez la souris que ce récepteur NOD2 est exprimé par des neurones de différentes régions du cerveau et surtout dans les neurones de l’hypothalamus.
Ils ont découvert que ces mêmes neurones voient leur activité électrique réprimée suite à une rencontre avec des muropeptides bactériens issus de l’intestin. Les muropeptides sont libérés par les bactéries lorsqu’elles profilèrent .
Ivo G. Bonecar, responsable de l’unité Biologie et Génétique de la paroi bactérienne à l’institut Pasteur au CNRS explique « les muropeptides présents dans l’intestin, le sang et le cerveau sont considérés comme les marqueurs de la prolifération bactérienne» ce qui revient à dire que il y a moins de neurotransmetteurs sécrétés dans le corps en fonction des bactéries.
A la lumière de ses nouveaux éléments l‘intestin pourrait bien être considéré comme premier cerveau car il a les pouvoirs de réprimer l‘activité électrique des neurones grâce à ces muropeptides. Dans le cas où des bactéries auraient peu de récepteurs dans leur paroi, elles ne rencontreront pas le récepteur NOD2 et ne seront pas réprimées par les muropeptides. Le cerveau perdra alors le contrôle sur la prise alimentaire et la température corporelle et donc sa production de neurotransmetteurs. Les scientifiques ont démontré que ce sont les neurones qui perçoivent directement les muropeptides bactériens. Ce ne serait pas un rôle uniquement réservé pour les cellules du système immunitaire .
Ce qui reviendrait à dire que il y a moins de neurotransmetteurs sécrétés dans le corps en fonction des bactéries. A la lumière de ses nouveaux éléments l‘intestin pourrait bien être considéré comme premier cerveau car il a les pouvoirs de réprimer l‘activité électrique des neurones.
« Les informations et suggestions partagées dans ce mémoire s’inscrivent dans le cadre d’une formation en naturopathie fonctionnelle . Elles ont un but pédagogique afin de soutenir votre bien-être et favoriser votre compréhension personnelle. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription de traitement. Toute application de ces conseils se fait sous votre seule responsabilité. En cas de doute ou de question concernant votre santé, l’avis d’un professionnel de santé qualifié demeure votre meilleur repère«
Biographie
Super Microbiote du Dr Daniel Sincholle, Edition Thierry Souccar ,2023
Medical medium d’Anthony William, Guy Tredaniel 2023.
De l’intestin au cerveau du Dr Gabriel Perlemuter, Flammarion 2020
Hyper ballonné ? De Joris Vanlerberghe, Leduc édition 2023
L’intestin notre deuxième cerveau du professeur Joly Gomez, Hachette 2014
Le charme discret de l’intestin du Dr Giulia Enders, Actes sud, 2017
Les surprenants pouvoirs de aliments sur votre cerveau du Dr Uma Naidoo, Les éditions de l’homme juin 2023
Mon microbiote sur mesure de Véronique Liesse, Leduc Edition 2023
Powerbiotic, les super-pouvoirs de notre intestin de Marion Kaplan et d’Alma Rota, Editions Guy Tredaniel, 2022
Mon cerveau à 100 % du Dr Braverman, Editions
Documents pédagogiques de la Formation de Coach en neurosciences du Dr Philippe PENCALET, Neurochirurgien et docteur en neurosciences
Young forever du Dr Marc Hyman
